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Bousculade meurtrière lors du Hadj 2015: Plus de 50 morts confirmés sur plus de 250 Maliens portés disparus

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Ce n’est pas l’édition la plus meurtrière des convergences annuelles de fidèles musulmans dans la capitale saoudienne, mais le drame consécutif à la bousculade de Mina aura sans doute été le plus répandu et partagé  à travers le monde islamique. On dénombre environ 800 victimes n’ayant pas survécu au piétinement par leurs coreligionnaires et autant de blessés avec de nombreux cas très critiques éparpillés à travers les hôpitaux de la ville sainte. Le bilan n’a de cesse de s’alourdir y compris dans les rangs des pèlerins maliens sur lesquels les autorités informent avec une mortelle rétention.

À la différence d’une hécatombe similaire au début de la décennie 90, le drame de cette année ne s’est point limité aux seules colonies asiatiques. Il a durement frappé dans presque toutes les nationalités à dominante  musulmane. À l’instar de la République islamique d’Iran qui, à la date du 24 Septembre dernier, déplorait officiellement une centaine et demie de décès ou encore le Pakistan qui comptait à la même date plus de 200 victimes selon la liste provisoire (ci-contre) rendu publique par les autorités du pays d’accueil.

Les pays africains ne sont pas en reste. Près d’une vingtaine pour le Niger et moins de la moitié pour le Sénégal, tandis que la même liste provisoire attribuait à la nationalité malienne pas moins d’une vingtaine de morts suite à la bousculade meurtrière survenue en plein rite de lapidation. Sur le bilan les autorités maliennes ont décidé d’entretenir toute une énigme. Motif pris d’une nécessaire prudence en la circonstance, le gouvernement, à travers son porte-parole et par voie de moult communiqués, a choisi de jouer le suspense, au détour d’une difficulté d’identification des victimes par leurs homologues du pays de destination.

Ainsi les chiffres attendus par l’opinion ne viendront jamais et les Maliens, très impatients et inquiets pour le sort de parents ou proches, ont dû se morfondre et en prendre pour leur angoisse. Tous ont été contraints à prendre leur mal en patience et à vivre dans la fiction un drame qui tient bel et bien de réalité. D’autant plus réel que le président de la République a dû écourter son séjour aux Etats-Unis pour partager le deuil des concitoyens et que le ministre en charge du culte s’est urgemment rendu en Arabie Saoudite auprès des pèlerins maliens.

L’ampleur des dégâts a même inspiré aux autorités la déclaration d’un deuil national de trois jours observé sans la moindre idée de la dimension réelle des pertes qui justifient la mesure.

Difficile toutefois, dans un monde assujetti à la règle de la communication, que le black-out puisse triompher de l’envie de savoir. Et les indications sur le bilan macabre parmi la communauté malienne du hadj ont finalement fuité depuis la Mecque où les agences de voyage informent périodiquement leur clientèle sur l’évolution du drame. Certaines sources font ainsi cas d’un alourdissement du bilan à plus d’une cinquantaine de morts confirmés parmi les centaines des compatriotes ayant manqué à l’appel suite à l’événement dramatique. La plupart des victimes, selon les mêmes sources, seraient des veilles personnes qui supportaient déjà très mal la canicule saoudienne avant d’être étouffées dans la bousculade. Leur identification, nous a-t-on expliqué, a été possible à l’aide d’un bracelet électronique attribué à chaque pèlerin à son arrivée et qui tient lieu de passeport pendant toute la durée du séjour.

Les explications et accusations vont également bon train sur les causes et l’ampleur de la tragédie. Tandis que l’Iran prend les autorités saoudiennes pour responsables de failles organisationnelles, certains pèlerins africains attribuent les proportions du dégât au traitement inhumain et très sélectif des victimes de la bousculade. «Elles (les victimes ndlr) ont été ramassées par des camions puis jetées dans les morgues sans discernement et sans distinction entre les morts et les blessés», s’est indigné un pèlerin malien joint au téléphone, ajoutant qu’une priorité est nettement accordée «aux peaux blanches» dans l’opération de sauvetage.

Deuil national de 3 jours : chacun son drame à La Mecque

Suite au drame survenu à la Mecque avec plus de 800 morts, le gouvernement malien a décrété trois jours de deuil national pour compter du Samedi 26 Septembre. Chacun a compris cette décision à sa façon, à en juger par l’attitude de la population selon les zones.

Le Mali était à une vingtaine de pèlerins morts le jour de la bousculade du jeudi 24 Septembre 2015, selon les estimations officieuses parvenues de la Mecque. Sans aucune indication officielle, la nation a té quand même mobilisée pour pleurer les victimes et observer un deuil national de trois jours, conformément au décret rendu public Samedi matin. Les acteurs du monde de la Culture sont les premiers à en prendre les pots cassés.

Abou Guittèye ne dira pas le contraire, lui qui organisait le concert du Cheval blanc de ma musique malienne, Salif Keita. Prévu la même nuit à partir de 21 H, le patron d’Africa Scène a vite compris que ses investissements consentis pour le show auront été “vaines” puisque contraint de s’en remettre à l’application de la décision gouvernementale de remboursement intégral des tickets.  Au moment, le Parc national ne refusait nullement du monde. Entre 17h et 19 H, la voie reliant Kati au Stade Omnisports était noire de monde. Des jeunes-gens, probablement sans aucune idée de l’annonce censée être appliquée par les forces de l’ordre, jalonnaient massivement les différentes artères de la zone dans l’attente d’accéder au Parc.

La nuit tombée, la densité de la circulation n’a baissé d’un pouce et la même ambiance festive était perceptible à l’accoutrement des habitants.

Du côté de Mopti, contre toute attente, s’est tenu le concert d’IBA ONE. Un confrère d’une agence onusienne sur les lieux l’a confirmé en ces termes : “Les populations se rappellent toujours Konna où il y a pas eu de drapeau en berne encore moins de deuil national pour 400 personne disparus lors du récent naufrage de la pirogue…”. Comme quoi, à chacun son drame et sa jouissance

Idrissa KEITA

 

 

Source: Le Témoin

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