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Crise du Golfe: «Ils ont frappé le Qatar tout en ciblant la Turquie»

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Dans un entretien accordé à Sputnik, le politologue et écrivain turc Samer Saleha a clarifié la position de la Turquie envers le Qatar et le rôle d’autres États dans la crise qui a frappé le monde arabe.

Réagissant à la campagne de pression sans précédent lancée le 5 juin contre le Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés, le politologue et écrivain turc Samer Saleha a fait savoir à Sputnik qu’après cette «attaque» contre Doha, la Turquie se voit comme la deuxième cible.

«Dans notre pays, tous les acteurs politiques, à savoir le gouvernement, des politologues, des experts, estiment que l’étape suivante serait une attaque directe perpétrée contre la Turquie», a souligné l’interlocuteur de Sputnik.

Et d’ajouter qu’une telle attaque ne viendrait pas seulement du Golfe, mais aussi de la nouvelle administration américaine. Cela est devenu évident après la visite officielle du Président Donald Trump à Riyad.

Selon Samer Saleha, la situation autour du Qatar «est un projet réalisé et effectué par les États-Unis», et la guerre en Irak, en Syrie et «les péripéties» liées à Doha seraient «une partie de ce projet américain».

L’interlocuteur de Sputnik a précisé que même avant la visite du ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu à Doha le 14 juin, la Turquie avait déjà clarifié sa position envers le Qatar, en affichant son soutien à ce pays.

«Je pense qu’une des raisons est la défense des intérêts politiques et économiques communs. Ces dernières années, il y a eu un rapprochement entre Ankara et Doha», a-t-il fait remarquer.

M.Saleha a souligné que le déploiement d’une base militaire américaine au Qatar était une illustration d’une telle proximité. Mais ces derniers mois, la Turquie a également amélioré ses relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ainsi, Ankara va accomplir des efforts pour les maintenir.

L’expert a également commenté la visite à Ankara du ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, déplacement qui avait eu «une influence importante sur le développement de la crise».

Et d’ajouter que la position de la Turquie, de l’Iran, de la France et de l’Allemagne «était une surprise pas seulement pour le Qatar, mais aussi pour les alliés de l’émirat».

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont rompu le 5 juin dernier les relations diplomatiques, ainsi que toutes les liaisons terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar, l’accusant de soutenir les organisations terroristes et de déstabiliser la situation au Proche-Orient. Le gouvernement libyen d’al-Beïda, qui contrôle l’est du pays, ainsi que les autorités du Yémen, des Maldives, de Mauritanie et des Comores ont aussi annoncé la rupture de leurs relations avec le Qatar. Djibouti et la Jordanie ont abaissé le niveau des relations diplomatiques avec le Qatar et le Sénégal, le Niger et le Tchad ont rappelé leurs ambassadeurs à Doha.

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