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Présidentielle française : les Français de Casablanca ont le cœur plus à droite que ceux d’Alger et Tunis

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Les Français du Maghreb votent dimanche 23 avril, date du premier tour de l’élection présidentielle. Jusqu’ici, Tunis et Alger campent à gauche, et Casablanca plutôt à droite. Mais Mélenchon avait déjà opéré une percée en 2012 dans l’ensemble des bureaux de vote.

À l’approche des élections présidentielles françaises, chacun se perd en conjectures… et jette un œil dans le rétroviseur. Concernant les Français qui résident sur le continent africain, les chiffres sont parfois compliqués à obtenir. L’équipe du sénateur socialiste des Français du monde, Richard Yung, nous a fourni des documents qui permettent tout de même de donner une idée des habitudes de vote des Français qui résident au Maghreb.

La tendance générale sur les derniers scrutins présidentiels est claire : on vote plutôt à droite au Maroc, contre une préférence pour la gauche en Algérie et en Tunisie.

Ainsi, en 2007, Alger et Tunis offraient à la candidate socialiste Ségolène Royal, respectivement, 73% et 68% des voix au second tour. Tendance inverse à Casablanca, où Sarkozy raflait 54% des voix. En 2012, au Maghreb, c’est la débâcle pour le candidat de la droite. Même à Casablanca, il ne fait que dans la résilience : 47% des voix face au socialiste François Hollande. À Alger, seulement 15% des électeurs donnent leur voix au président sortant, et 29 à Tunis.

Des tendances lourdes qui peuvent être relativisées. Jacques Chirac, qu’on sait apprécié dans le monde arabe, avait doublé le candidat socialiste Lionel Jospin ainsi que le souverainiste de gauche Jean-Pierre Chevènement au premier tour des élections présidentielles, même à Alger.

Mélenchon apprécié, au point de doubler le centre

La campagne présidentielle française de 2017 a réservé bien des surprises. Un des candidats favoris, Emmanuel Macron, à la tête du mouvement En Marche ! n’appartient formellement ni à la gauche sociale-démocrate classique, ni à la droite républicaine. On serait tenté de l’affilier au centre-droit de l’échiquier politique. Mais sa dynamique semble plus vive que celle de François Bayrou, qui a longtemps représenté cette famille politique. Et qui, au Maghreb, a réalisé des scores tout à fait honorables en 2007 : entre 20 et 30% de Casablanca à Tunis.

Quant à Mélenchon, il s’était imposé dans le cœur des Français du Maghreb, pourtant très peu portés sur la gauche radicale ou l’extrême-gauche. En 2002, l’écologiste Noël Mamère ne s’imposait qu’à Tunis, avec un peu plus de 9% des voix. L’extrême-gauche était quasi-absente des radars. En 2007, à Alger, les scores additionnés des communistes et de deux partis trotskistes ne permettaient pas à ce camp de dépasser les 3,5% des voix exprimées. 2012, changement de tendance : le tangérois Mélenchon passe devant le centriste Bayrou dans les trois grandes villes et parfois, réalise presque le double de son score. Il arrache 16% des voix à Alger, 13% à Tunis et 12% à Casablanca.

Le Front National boudé

L’extrême-droite, elle, ne glane que très  peu de voix parmi les Français du Maghreb. Seule percée notable : Jean-Marie Le Pen, le vieux leader charismatique du Front National, s’arrogeait entre 7 et 8% des voix des Français du Maroc, à Casablanca, mais aussi dans les villes de Marrakech et d’Agadir au premier tour des élections de 2002. Quant à Alger, les candidats Le Pen père et fille n’y rassemblent que quelques voix…

Quoi qu’il en soit, les appareils politiques n’oublient pas de s’adresser à cette communauté. M’jid El Guerrab, un Franco-Marocain, a initié une « grande marche en Afrique » en soutien à Emmanuel Macron, qui n’a pas manqué d’attirer le regard des médias. Plus discrètement, mais avec succès, les supporters de Jean-Luc Mélenchon se sont rassemblés à Rabat ce 19 avril. Le chargé de mission des Républicains pour la 9ème circonscription des Français établis hors de France, qui comprend le Maghreb, Erwan Davoux, né en Tunisie, a aussi sillonné l’Afrique du Nord en quête de soutien et de visibilité.

 

Par Jules Crétois

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