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Dans un entretien accordé à Sputnik, le politologue et écrivain turc Samer Saleha a clarifié la position de la Turquie envers le Qatar et le rôle d’autres États dans la crise qui a frappé le monde arabe.

Réagissant à la campagne de pression sans précédent lancée le 5 juin contre le Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés, le politologue et écrivain turc Samer Saleha a fait savoir à Sputnik qu’après cette «attaque» contre Doha, la Turquie se voit comme la deuxième cible.

«Dans notre pays, tous les acteurs politiques, à savoir le gouvernement, des politologues, des experts, estiment que l’étape suivante serait une attaque directe perpétrée contre la Turquie», a souligné l’interlocuteur de Sputnik.

Et d’ajouter qu’une telle attaque ne viendrait pas seulement du Golfe, mais aussi de la nouvelle administration américaine. Cela est devenu évident après la visite officielle du Président Donald Trump à Riyad.

Selon Samer Saleha, la situation autour du Qatar «est un projet réalisé et effectué par les États-Unis», et la guerre en Irak, en Syrie et «les péripéties» liées à Doha seraient «une partie de ce projet américain».

L’interlocuteur de Sputnik a précisé que même avant la visite du ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu à Doha le 14 juin, la Turquie avait déjà clarifié sa position envers le Qatar, en affichant son soutien à ce pays.

«Je pense qu’une des raisons est la défense des intérêts politiques et économiques communs. Ces dernières années, il y a eu un rapprochement entre Ankara et Doha», a-t-il fait remarquer.

M.Saleha a souligné que le déploiement d’une base militaire américaine au Qatar était une illustration d’une telle proximité. Mais ces derniers mois, la Turquie a également amélioré ses relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ainsi, Ankara va accomplir des efforts pour les maintenir.

L’expert a également commenté la visite à Ankara du ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, déplacement qui avait eu «une influence importante sur le développement de la crise».

Et d’ajouter que la position de la Turquie, de l’Iran, de la France et de l’Allemagne «était une surprise pas seulement pour le Qatar, mais aussi pour les alliés de l’émirat».

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont rompu le 5 juin dernier les relations diplomatiques, ainsi que toutes les liaisons terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar, l’accusant de soutenir les organisations terroristes et de déstabiliser la situation au Proche-Orient. Le gouvernement libyen d’al-Beïda, qui contrôle l’est du pays, ainsi que les autorités du Yémen, des Maldives, de Mauritanie et des Comores ont aussi annoncé la rupture de leurs relations avec le Qatar. Djibouti et la Jordanie ont abaissé le niveau des relations diplomatiques avec le Qatar et le Sénégal, le Niger et le Tchad ont rappelé leurs ambassadeurs à Doha.

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Les récents tweets du Président américain concernant «le début de la fin de l’horreur du terrorisme» ont beaucoup étonné l’ambassadeur qatari aux États-Unis. Selon Bin Hamad Al-Thani, Doha est «en étroite coordination» avec Washington.

L’ambassadeur du Qatar aux États-Unis Meshal Bin Hamad Al-Thani a exprimé sa surprise suite aux récentes déclarations du président américain Donald Trump, qui accusaient à demi-mot Doha de soutenir le terrorisme, indique le journal Daily Beast.

« Nous avons été surpris. Personne ne nous a parlé directement et ne nous a dit: « Regardez, nous avons un problème avec cela, cela et cela ». Nous (le Qatar, ndlr.) avons participé (au sommet, ndlr.) à Riyad. Nous avons eu une bonne rencontre avec le président (Donald Trump, ndlr.) et avec le roi saoudien Abdelaziz — aucun problème n’a été soulevé », a déclaré l’ambassadeur.

« Il est regrettable de voir ces tweets. Nous sommes en étroite coordination avec les États-Unis. Ils savent quels efforts que nous déployons dans la lutte contre le financement du terrorisme et le terrorisme en général », a ajouté l’ambassadeur.

Auparavant, le chef de la Maison-Blanche a réagi à la série de ruptures diplomatiques avec le Qatar, lâché depuis lundi par dix pays. Revenant sur sa récente visite en Arabie saoudite, Donald Trump a affirmé avoir appelé les pays de la région à éradiquer le terrorisme.

« Ils ont dit qu’ils adopteraient une ligne dure sur le financement de l’extrémisme et toutes les références désignaient le Qatar. Peut-être cela sera-t-il le début de la fin de l’horreur du terrorisme! », a-t-il commenté sur Twitter.

L’Arabie saoudite, Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, la Libye, le Yémen, Maurice, les Maldives et la Mauritanie, ces neuf pays ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusant Doha de déstabiliser la région et de soutenir le « terrorisme ».

Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

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INTERDICTION DE VOL La suspension des vols vers les quatre pays sera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre »…

Qatar Airways a annoncé ce mardi avoir, à son tour, suspendu sine die tous ses vols vers l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte au lendemain de la rupture par ces quatre pays des relations diplomatiques avec Doha, accusé de « terrorisme ».

Dans un communiqué publié sur son site Internet, la compagnie qatarie précise que la suspension des vols vers les quatre pays sera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ». Dans un premier temps, elle avait annoncé une suspension de vols lundi jusqu’à 23h59, heure locale.

Interdiction de survol pour les compagnies qataries

Elle indique aux clients affectés par la suspension des vols qu’ils peuvent soit se faire rembourser leurs billets soit réserver des places vers d’autres destinations. Les compagnies aériennes d’Arabie saoudite, des Emirats, de Bahreïn et d’Egypte ont pour leur part suspendu sine die tous leurs vols à destination ou en provenance du Qatar.

La rupture des relations diplomatiques s’est accompagnée de mesures économiques comme la fermeture de toutes les frontières terrestres et maritimes entre ces pays et le Qatar, ainsi que des interdictions de survol aux compagnies aériennes qataries ou des restrictions aux déplacements des personnes. Il s’agit de la plus grave crise diplomatique à frapper le Moyen-Orient depuis des années.

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DIPLOMATIE Plusieurs pays ont décidé de rompre leurs relations avec le petit émirat…

  • Plusieurs pays ont annoncé la fermeture de leurs frontières avec Doha
  • Le pays réplique en dénonçant une volonté de « mise sous tutelle »

Le Qatar se retrouve en position de fragilité ce lundi. Sur les six pays (dont le Qatar) composant le conseil de coopération du Golfe, trois d’entre eux – l’Arabie Saoudite, Bahreïn et les Emirats arabes unis – ont brusquement annoncé qu’ils cessaient toute relation diplomatique avec Doha.

Une « mise sous tutelle » ?

Puissance régionale, l’Egypte a également décidé de suivre la même voie. Pour justifier cette décision, les pays évoquent le soutien au terrorisme dont serait coupable le Qatar. « Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daesh (acronyme en arabe de l’EI) et Al-Qaïda » a accusé un responsable saoudien. L’Arabie Saoudite, tout comme l’Egypte, a décidé de fermer toutes ses frontières (terrestre, maritime, aérienne) aux Qataris.

Doha a réagi ce lundi matin. Dans un communiqué, le pays dénonce des mesures « injustifiées » et « sans fondement », qui ont « un objectif clair : placer l’Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté ».

Piratage et diplomatie

Cette crise intervient alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victime de « hackers » ayant publié sur le site internet de l’agence de presse officielle QNA de faux propos attribués à l’émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, vu comme un allié stratégique alors qu’il vient d’être accusé par l’Arabie saoudite d’être « le fer de lance du terrorisme ». Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l’administration de Donald Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis.

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Un nombre croissant de personnes qui collaboraient de gré ou de force avec Daech cherchent à revenir à une vie normale et se réfugient dans la province d’Alep, repassée en décembre dernier sous le contrôle de l’armée syrienne.

Les points de passage dans la partie nord-est de la province d’Alep enregistrent un nombre croissant de réfugiés provenant des régions tenues par Daech, a fait savoir le porte-parole du parti Baas, Yusuf Rana. Selon plusieurs responsables syriens, parmi ceux qui travaillaient aux côtés des terroristes, nombreux sont ceux qui ont cru à l’amnistie annoncée par les autorités syriennes.

« La loi sur l’amnistie aux combattants signée par le Président Bachar el-Assad est prolongée jusqu’à la fin juin. Plusieurs hommes provenant des territoires qui ne sont pas soumis au contrôle des troupes gouvernementales ont saisi cette occasion et souhaitent commencer une nouvelle vie » a indiqué M. Rana.

À près de 100 km d’Alep, un groupe d’environ 40 hommes qui traverse un point de passage à proximité de la localité de Tayhga, répond sans hésiter à toutes les questions: ils n’ont jamais pris les armes, mais creusaient des tranchées ou embarquaient des munitions sous la menace d’être fusillées.

« Les terroristes de Daech nous forçaient à collaborer, menaçant dans le cas contraire de massacrer toute la famille. Je voyais ce qu’ils faisaient à ceux qui refusaient, on les fouettait à mort », témoigne l’un d’entre eux.

Selon ce réfugié, il était très difficile de s’échapper du joug des djihadistes, mais l’homme est parvenu à s’enfuir avec quelques habitants du même village, passant ensuite par les territoires kurdes avant d’arriver dans la province d’Alep.

À la mi-février, le Président syrien Bachar el-Assad a prolongé jusqu’au 30 juin un décret sur l’amnistie aux combattants qui rendaient les armes. À cette fin, de nouveaux centres de désarmement continuent à ouvrir leurs portes aux alentours de la capitale syrienne.

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L’US Navy a reçu le porte-avions dernier cri USS Gerald R. Ford, annonce un communiqué de la marine.

Les essais du navire après réception ont eu lieu le 26 mai.

Le navire a coûté 13 milliards de dollars au budget militaire des États-Unis et il s’agit actuellement du bâtiment de guerre le plus cher du monde.

Selon le Pentagone, le porte-avions sera définitivement prêt à l’exploitation en 2020. Auparavant il doit effectuer plusieurs sorties afin de roder des systèmes de combat et de l’ingénierie.

Initialement, la construction du navire entamée en 2009 devait prendre fin en septembre 2014. Cependant la date du lancement a été plusieurs fois reportée.

Dépenser sans compter devient une tradition au Pentagone. Ainsi, l’ardoise pour le chasseur américain de cinquième génération F-35 s’alourdit de jour en jour tandis que ses livraisons à l’armée de l’air US sont reportées sine die. Les dépenses occasionnées par les seuls essais en vol du futur chasseur F-35 dépasseront de 1,7 milliard de dollars la somme allouée initialement

La revue américaine National Interest pointe les nombreuses lacunes du chasseur, qui a déjà coûté au contribuable américain la coquette somme de 1 500 milliards de dollars, le qualifiant de catastrophe nationale volante.

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Quel sens donner à la rencontre au sommet Macron-Poutine? Comment s’annonce l’avenir des relations franco-russes après le tête-à-tête de Versailles? Sputnik fait le point dans cet entretien avec le général Dominique Trinquand et Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE).

MM. Poutine et Macron ont tenu une conférence de presse conjointe dans la Galerie des Batailles du Château de Versailles, abordant les questions de la Syrie, de l’Ukraine, de la Tchétchénie, de la campagne électorale française et des droits de l’Homme. Le général Dominique Trinquand et Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), commentent pour Sputnik les perspectives des relations franco-russes.

Reprise du dialogue

Selon Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès des Nations unies, spécialiste de la gestion de crise et des opérations de maintien de la paix, la reprise du dialogue avec la Russie est une priorité pour Emmanuel Macron.

« Je crois que le président Macron a demandé cette rencontre le plus rapidement possible pour remettre sur la table un sujet qui lui tient à cœur: la France est entre Moscou et Washington, et elle assure le lien. C’est une vieille tradition gaulliste, de placer la Russie en Europe et de pouvoir dialoguer. L’échec de la réunion qui devait avoir lieu en octobre 2016 pour l’inauguration de la cathédrale orthodoxe russe est très frais, et le président Macron souhaite dialoguer avec la Russie, c’est une constante. Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme est une de ses priorités, et dans ce cadre-là, la Russie a un rôle particulièrement important à jouer », a déclaré Dominique Trinquand.

Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), spécialiste des relations internationales, estime lui aussi qu’Emmanuel Macron milite pour des relations équilibrées avec la Russie.

« Concernant cette rencontre, il y a deux manières de voir les choses. On peut penser, comme le font un certain nombre de médias, que c’est une faute de la part d’Emmanuel Macron, comme l’était la réception du colonel Kadhafi par Nicolas Sarkozy en 2007. Moi, je préfère retenir que cette réunion s’inscrit dans une profondeur, puisque c’est les 300 ans des relations diplomatiques franco-russes, et qu’il était important que cette rencontre ait lieu maintenant, après la réunion du G7 où la Russie n’était pas présente, et avant le G20 en juillet prochain à Hambourg. Je crois qu’Emmanuel Macron a bien compris l’importance d’avoir une relation d’équilibre avec la Russie, surtout parce que les relations avec les États-Unis semblent très perturbées », indique M. Dupuy.

Sanctions contre la Russie

Pour Emmanuel Dupuy, Emmanuel Macron est conscient que de mauvaises relations avec la Russie ne peuvent être que néfastes, notamment au niveau économique:

« Je crois que le président Macron a voulu montrer à quel point la relation perturbée entre la France et la Russie pouvait avoir des conséquences économiques. Le président l’a rappelé, près de 500 entreprises françaises sont présentes à Moscou, et la France est le premier employeur en Russie, hors pays du voisinage. Et puis il y a aussi un certain nombre de perspectives nouvelles, notamment dans la coopération industrielle, avec par exemple la présence d’intérêts russes dans Airbus ».

Bien que le G7 ait évoqué samedi l’éventualité de nouvelles sanctions contre la Russie, le général Trinquand estime que la France est assez naturellement disposée à vouloir lever les sanctions contre la Russie, contrairement à d’autres pays occidentaux.

« Les marchés français, notamment agricoles, sont très importants en Russie. Donc la France a une tendance naturelle à vouloir changer la donne. Il y a d’autres pays comme les États-Unis qui poussent beaucoup au maintien des sanctions auprès d’un certain nombre de pays de l’Union européenne. Et puis il y a les pays d’Europe centrale, qui sont toujours inquiets de voir ce qui se passe à leurs portes et qui, il y a une trentaine d’années, étaient encore sous la coupe du Pacte de Varsovie », indique le général Trinquand.

Syrie

Sur la question syrienne, Dominique Trinquand et Emmanuel Dupuy considèrent tous deux que les positions des présidents Macron et Poutine ne sont pas incompatibles.

Selon Dominique Trinquand, « Il ne faut pas oublier les paroles d’Emmanuel Macron, qui a dit que nous ne pourrons vraiment lutter contre les extrémistes en Syrie que s’il y a un gouvernement qui tient. C’est typiquement une expression qu’on pourrait entendre chez les Russes! Bien sûr, après se pose la question de qui sera dans ce gouvernement, mais ça c’est un autre sujet. »

Emmanuel Dupuy trouve également « qu’il n’y a pas de contradiction entre les « lignes rouges » fixées par l’un et l’autre ».

« La question du chimique (attaques chimiques, ndlr) a aussi beaucoup perturbé les Russes. Le bombardement de Khan Cheikhoun a sans doute contrarié l’agenda plus diplomatique et moins militaire qu’ils avaient après la chute d’Alep. On se souvient d’ailleurs que la Russie avait invité la communauté internationale à penser à la reconstruction, avait invité l’ensemble des belligérants à dialoguer, à Genève et à Astana, et avait appelé de ses vœux la mise en place d’un gouvernement inclusif. Je ne vois pas de différence majeure avec la position d’Emmanuel Macron ».

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La visite que Vladimir Poutine rend en France le lundi 29 mai excite beaucoup l’imagination des journalistes et du personnel politique.

Le fait que Vladimir Poutine soit reçu au château de Versailles, et avec un decorum tout à fait singulier, enflame l’imagination des commentateurs. Il est en effet hautement symbolique que Vladimir Poutine soit le premier dirigeant reçu avec une telle pompe par le nouveau Président de la République. Cette pompe même montre que les enjeux, que ce soit pour Vladimir Poutine ou pour Emmanuel Macron de cette visite sont extrêmement importants. Hors de l’anecdote, se joue ici quelque chose de majeur pour les deux hommes.

Les enjeux pour Emmanuel Macron

Dans quel contexte cette visite aura-t-elle lieu? À l’heure actuelle, les relations bilatérales entre la France et Russie sont sévèrement contraintes par la politique de l’Union européenne à l’égard de la Russie. Ces contraintes dépassent la simple question des sanctions, dont l’importance, hors les sanctions financières, a été plus symbolique que réelle. L’Union européenne a développé depuis 2014, une véritable politique d’hostilité vis-à-vis de la Russie. Cette rencontre sera donc un test pour savoir si le Président Macron veut alléger la contrainte de l’UE, et mettre en œuvre une politique plus française, plus tournée vers les intérêts de la France, envers la Russie ou s’il place la politique étrangère française sous le cadre de l’UE.

Le fait qu’il souhaite que cette visite ait lieu avec un décorum tout particulier à Versailles ne peut être considéré comme une indication quant à la réussite ou non de cette visite. Cela traduit uniquement l’importance que revêt cette visite. Elle constitue, il est vrai, pour Emmanuel Macron, son véritable baptême du feu en politique internationale. Pour l’instant ses différentes sorties, que ce soit dans le cadre de la réunion à Bruxelles entre les dirigeants de l’UE et Donald Trump, ou le G7 de Taormina, ont toujours été en groupe. Là, Emmanuel Macron sera seul avec l’un des principaux acteurs internationaux.

De plus, Emmanuel Macron sait très bien que cette visite sera scrutée à la fois par ses opposants comme par ses soutiens. Si cette visite devait se conclure par une annonce dramatique quant à l’amélioration des relations bilatérales, il serait fortement critiqué par ses propres amis. Si la visite est un échec, ses adversaires cette fois le critiqueront. On peut donc penser que cette visite débouchera sur certaines améliorations dans les relations bilatérales, mais rien de particulièrement spectaculaire. Mais cela ne signifie pas qu’un processus général d’amélioration n’aura pu être lancé par cette visite, un processus qui se déroulera dans les prochains mois.

Emmanuel Macron et le spectre du « gamin inexpérimenté »

M. Emmanuel Macron, en tant que nouveau président français, doit montrer qu’il a à l’esprit les intérêts français (quelque chose qui avait un peu manqué, il faut bien l’avouer, à François Hollande). Mais il est clair qu’il cherchera, aussi, à user de cette visite à son avantage politique. Il a été fortement attaqué lors de la campagne présidentielle pour son manque d’expérience dans le traitement des affaires internationales. Il essaiera donc de montrer que ces attaques n’étaient pas fondées. Dans une certaine mesure, les enjeux sont très élevés pour lui, car c’est sa première expérience dans la diplomatie mondiale et il a désespérément besoin de faire une impression durable ou l’image d’un «gamin inexpérimenté» lui collera à la peau.

Emmanuel Macron a explicitement déclaré qu’il voulait des «bonnes relations» avec la Russie. Il est définitivement un homme pragmatique, et non pas quelqu’un dont la pensée internationale est profondément chargé d’idéologie, tout comme le furent M. François Hollande, l’ancien président, ou encore les ministres des Affaires étrangères de ce même François Hollande, qu’ils s’agissent de Laurent Fabius ou de Jean-Marc Ayrault. Dans ce contexte, il n’est donc pas si surprenant que le premier chef d’Etat étranger à être invité à Paris soit M. Poutine. Soit dit en passant, il existe maintenant une concurrence au sein de l’Union européenne, et plus précisément entre la France, l’Allemagne et l’Italie pour améliorer les relations avec la Russie et particulièrement les relations économiques. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de divergences entre la France et la Russie, que ce soit au Moyen-Orient ou en l’Ukraine. Mais ces différences et divergences ne sont pas considérées comme un obstacle à l’amélioration des relations avec la Russie.

Les enjeux pour Vladimir Poutine

De même, cette visite présente des enjeux importants pour Vladimir Poutine. D’une part, elle met fin à la tentative des pays de l’UE pour « isoler » la Russie. Cette politique n’avait guère de sens, et elle s’est traduit dans les fait par un resserrement des relations entre la Russie et la Chine, mais aussi par une montée en puissance de l’Organisation de Coopération et de Sécurité, ce que l’on appelle « l’organisation de Shanghai ». Le fait que l’Inde et le Pakistan aient décidé formellement de rejoindre l’OCS est bien la preuve que cette politique d’isolement était d’une grande futilité. Mais, elle a provoqué des dommages importants aux relations entre les pays de l’Union européenne et la Russie et, de ce point de vue, la visite à Versailles de Vladimir Poutine peut marquer le début d’une nouvelle période, plus empreinte de pragmatisme.

D’autre part, Vladimir Poutine entend bien concrétiser lors de cette visite de nouvelles avancées dans le domaine économique. Il faut ici comprendre la logique des relations économiques entre la Russie et les pays de l’UE à travers deux prismes. Le premier est celui de l’évolution actuelle de l’économie russe. Cette dernière est sortie de la crise dans laquelle l’avait plongée l’effondrement des prix du pétrole. Mais, la reprise pourrait être insuffisante eu égard aux objectifs politiques du gouvernement russe. Le second est celui des développement de l’Union Eurasienne, qui s’avère chaque jour un projet de plus en plus important. Dans le développement de cette Union Eurasienne, la question de l’équilibre des relations entre la Chine et la Russie apparaît comme fondamentale. Qu’il s’agisse du projet de la « Route de la Soie » ou qu’il s’agisse des relations triangulaires entre la Russie, la Chine et le Kazakhstan, le fait que la Russie ne puisse s’adosser à de bonnes relations avec les pays de l’Union européenne est un problème.

La Russie, en effet, a tout intérêt à se présenter comme un « pont » entre l’Union Eurasienne et les pays d’Europe occidentale. De bonnes relations avec ces derniers auront des répercussions très favorables au sein même de l’Union Eurasienne. On comprend ainsi tout l’intérêt, pour Vladimir Poutine, que cette visite se conclue, comme on l’a dit, non pas sur des résultats immédiatement spectaculaires, mais sur un processus de normalisation progressive des relations avec les pays de l’Union européenne. Tel est donc l’enjeu pour Vladimir Poutine de cette rencontre de Versailles.

Il est peu douteux qu’il ne soit sensible à l’attention d’Emmanuel Macron qui le reçoit dans un cadre fastueux. Mais il est aussi douteux qu’il puisse se laisser aveugler par les ors que l’on déploiera pour lui. Vladimir Poutine est avant tout un réaliste; c’est aussi un pragmatique, une caractéristique qu’il partage donc avec Emmanuel Macron.

Voici donc ce que cachent les ors de Versailles. Les deux Présidents, qu’il s’agisse d’Emmanuel Macron ou de Vladimir Poutine, ont donc un intérêt commun à ce que cette visite se passe bien. Mais, Emmanuel Macron se tromperait lourdement s’il se figure recevoir un Président Russe affaibli ou en difficulté. Les problèmes actuels de l’économie russe sont parfaitement solvables avec les moyens de la politique économique russe. Quant à Vladimir Poutine, il doit lui aussi comprendre que les enjeux pour son pays d’une issue favorable de cette visite sont importants. Il prendrait un gros risque, et ferait certainement une grave erreur, en traitant Emmanuel Macron comme un « gamin inexpérimenté ». Ces deux dirigeants doivent tirer un trait sur le dogmatisme qui imprégnait les relations franco-russes du temps de François Hollande. Le fait que l’un et l’autre soient des pragmatiques est plutôt de bon augure.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

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Le ministère russe de la Défense dispose d’informations sur les terroristes possédant des armes chimiques en Syrie, a déclaré mercredi le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Lors de son intervention au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a révélé que la Russie disposait d’informations sur les terroristes de Daech et d’al-Nosra qui possédaient des composants d’armes chimiques.

« Il existe des informations selon lesquelles les terroristes de Daech et d’al-Nosra ont des composants d’armes chimiques, et nous savons exactement où (ils les stockent, ndlr) et qui (les stocke, ndlr). Qui peut donner l’assurance que les armes chimiques n’ apparaîtront pas dans un autre pays demain », a-t-il souligné.

Le monde a besoin d’un travail commun pour lutter contre les terroristes qui détiennent des armes chimiques, a ajouté le ministre.

Dans son discours au Conseil de la Fédération, M. Choïgou a souligné entre autres que la plupart des vidéos sur l’utilisation présumée d’armes chimiques en Syrie étaient des mises en scène poursuivant des fins politiques.

Le 4 avril dernier, une frappe aérienne sur la ville de Khan Cheikhoun dans la province d’Idlib, en Syrie, a été suivie par l’intoxication aux produits chimiques de nombreux habitants. Des sources locales proches de l’opposition font état de 80 morts et de 200 blessés et en imputent la responsabilité aux forces gouvernementales syriennes. Celles-ci rejettent ces accusations et expliquent que le bombardement aérien sur Khan Cheikhoun a touché un entrepôt d’armes chimiques de groupes terroristes, dont les agents actifs ont alors contaminé la population.

La base aérienne syrienne de Shayrat a été visée par 59 missiles américains dans la nuit du 6 au 7 avril. Selon l’hypothèse des États-Unis, cet aérodrome a servi de point de départ pour les avions syriens qui ont attaqué l’opposition à Khan Cheikhoun, entraînant l’intoxication aux produits chimiques de nombreux habitants. Washington a tiré ses missiles sans attendre les résultats de l’enquête.

Si Damas rejette toutes ces accusations, la Russie appelle pour sa part à inspecter la base de Shayrat dans le cadre d’une enquête impartiale avec la participation de l’OIAC. En l’absence d’une telle enquête, l’origine de l’intoxication aux produits chimiques des habitants de Khan Cheikhoun reste donc controversée.

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Les négociations entre le Président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel Macron qui se tiendront le 29 mai à Paris porteront, en plus des relations bilatérales, sur les conflits régionaux qui, selon le Kremlin, représentent «les points douloureux» de la politique internationale d’aujourd’hui.

Lors de leur première rencontre qui aura lieu le 29 mai à Paris, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron doivent discuter plusieurs sujets qui concernent les relations franco-russes actuelles, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov.

« Vous savez, l’ordre du jour est évident. Tout d’abord, les deux Présidents doivent faire connaissance car ce sera leur première rencontre. Deuxièmement, la Russie et la France ont un vaste ordre du jour des relations bilatérales : ce sont des projets de coopération économique et commerciale, d’interaction culturelle, etc, etc », a-t-indiqué.

Il a également souligné que le sujet des conflits régionaux ne serait pas négligé lors des négociations.

« Bien sûr, il y a aura un échange de vues sur les principaux points douloureux de l’ordre du jour international, à savoir les conflits régionaux qui sont bien connus », a ajouté M. Peskov.

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se rendront au Grand Trianon, à Versailles, pour l’exposition consacrée à la visite de l’empereur russe Pierre le Grand en France en 1717. Cette exposition marque les 300 ans des relations diplomatiques entre la France et la Russie.

Vladimir Poutine a discuté, jeudi 18 mai, pour la première fois par téléphone avec Emmanuel Macron. Lors de la conversation, les dirigeants des deux pays ont évoqué de nombreux sujets importants, notamment la lutte conjointe contre le terrorisme, les Accords de Minsk et l’avenir des relations franco-russes. Au début de la conversation, Vladimir Poutine a félicité Emmanuel Macron pour « sa prise officielle de fonction et la formation du nouveau gouvernement ».

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